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Stella Nedkova et son havre de saveurs bulgares à Bruxelles

lundi, 8 décembre 2025, 14:00

Stella Nedkova et son havre de saveurs bulgares à Bruxelles

PHOTO : Daniella Goléminova

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Depuis quinze ans, la vie de Stella Nedkova est intimement liée à Bruxelles. Elle s’y est installée après avoir achevé ses études en Bulgarie, mue par le désir de se mettre à l’épreuve dans un quotidien tout autre que celui auquel était habituée. Pour Stella, c’était l’occasion de mesurer sa capacité à affronter seule les défis de l’existence, loin de son cocon familial et de ses proches. Une seule hésitation la retenait encore : devait-elle choisir la Belgique ou bien l’Angleterre comme nouvelle destination de vie ?

"J’ai opté pour la Belgique parce que mon père vivait en Angleterre et que je voulais simplement prendre mon indépendance", confie la jeune Bulgare.

Le début, se souvient-elle, a été particulièrement ardu. À son arrivée à Bruxelles, sans la moindre connaissance du français, Stella décroche un emploi dans le premier café où elle aperçoit une annonce cherchant une serveuse.

"J’ai commencé à travailler dans un café turc, mais comme je ne parlais pas turc, il m’était extrêmement difficile de communiquer avec les clients. Tous s’exprimaient uniquement en turc, et je me retrouvais en permanence désemparée. Quant au français, je n’en savais pas un mot. Il m’a donc fallu l’apprendre pour réussir à m’en sortir et me faire une place en Belgique", raconte-t-elle.

Après avoir patiemment façonné son expérience dans le secteur de la restauration, Stella Nedkova décide, il y a sept ans, de franchir un cap : ouvrir à Bruxelles son propre établissement dédié aux saveurs traditionnelles de son pays. Elle monte un business plan rigoureux, trouve un local à aménager et, épaulée par sa mère, cheffe cuisinière de formation, se lance résolument dans l’aventure entrepreneuriale.

"La cuisine bulgare possède une véritable noblesse, car c’est une cuisine profondément familiale, préparée comme à la maison", souligne-t-elle. "Les clients adorent la salade 'chopska', le fromage bulgare, la salade Snéjanka, nos soupes, le djuwetsch et le satch. Dans notre restaurant, on croise bien sûr des membres de la communauté bulgare, mais aussi des gourmets de toutes nationalités, sensibles à l’authenticité de nos recettes. Nous avons notre clientèle fidèle, mais aussi des visiteurs de passage : des touristes venus découvrir Bruxelles qui ne s’attendent jamais à tomber sur un petit restaurant bulgare niché au détour d’une rue", sourit la propriétaire.

PHOTO : Facebook

Le restaurant adopte une esthétique résolument traditionnelle. Son intérieur évoque l’atmosphère chaleureuse des anciennes maisons bulgares et de leurs coutumes ancestrales. Le mobilier, entièrement en bois, s’harmonise avec des murs décorés de tapis tissés à la main et de costumes folkloriques authentiques.

"Nous voulions nous distinguer et montrer aux étrangers ce qu’est véritablement la tradition bulgare, car certains n’ont même jamais entendu parler de notre pays", raconte Stella Nedkova. "Ici, tout est authentique : les tapis, les costumes masculin et féminin. Les visiteurs nous demandent souvent à quelles occasions ces vêtements sont portés. Nous leur expliquons qu’ils le sont lors des jours de fête, et que, autrefois, nos ancêtres les revêtaient au quotidien. Nous leur montrons aussi des vidéos de danses bulgares. Et puis, il y a la musique : dans le restaurant, elle est toujours bulgare, pour que chacun puisse découvrir nos rythmes. Elle plaît énormément, il arrive souvent que les clients se lèvent spontanément pour danser", ajoute-t-elle.

L’ensemble du personnel du restaurant est d’origine bulgare.

"Il ne pourrait en être autrement, explique-t-elle, car pour présenter correctement nos plats, il faut en connaître intimement les saveurs et cela n’est possible que si l’on a grandi avec cette cuisine. Je remercie le destin de m’avoir fait rencontrer ces personnes : elles sont d’un sérieux exemplaire et possèdent un véritable sens du professionnalisme. Je ne les considère pas comme de simples employés, mais comme ma famille. S’ils sont ici, ce n’est pas par confort : on ne quitte jamais son pays de gaité de cœur. On part parce qu’on en a besoin, ou parce qu’on aspire à un nouveau départ, comme ce fut mon cas. On peut dire que nos destins se sont rejoints. La vie m’a appris qu’il faut tendre la main : lorsque moi-même j’étais dans la difficulté, quelqu’un m’a aidée. C’est pour cette raison que je me dois, à mon tour, d’aider", confie notre compatriote.

PHOTO : Facebook

Au cours de notre entretien, la conversation aborde le thème du climat des affaires : la Belgique impose-t-elle de nombreuses régulations qui entravent l’initiative privée, ou au contraire, l’État soutient-il et encourage-t-il les entrepreneurs à développer leur petite entreprise ?

"Je peux dire que ce n’est pas difficile. Il suffit d’avoir la volonté de travailler et d’être clair sur ce que l’on veut entreprendre. Si l’on souhaite créer une société, il suffit de se rendre sur place, de choisir un nom et de préciser l’activité envisagée. Les démarches se font très rapidement. Il existe une liste de conditions à remplir et, dès que chacune est satisfaite, l’autorisation est délivrée sans délai", explique Stella.

Quelle est la formule d’un restaurant prospère ?

"Pour moi, la ponctualité est essentielle. Il faut respecter les horaires affichés sur la porte et faire preuve de constance", affirme avec détermination la jeune entrepreneuse.

Le restaurant de Stella Nedkova est devenu un lieu de rencontre pour la communauté bulgare à Bruxelles, notamment pendant les fêtes et les week-ends. "Les gens viennent non seulement pour savourer nos plats bulgares, mais aussi pour partager leurs joies et leurs inquiétudes", explique notre compatriote.



PHOTO : Facebook

Après quinze années passées en Belgique, la nostalgie du pays natal se fait-elle ressentir ? "C’est pour cette raison que nous avons ouvert un restaurant bulgare. Nous y retournons souvent : tous les trois mois, nous essayons de passer en Bulgarie, car notre famille y est. La Bulgarie nous manque. Un jour, nous pensons y revenir, car nos racines y sont", conclut avec conviction Stella Nedkova.  


Édition : Daniela Goleminova

Version francaise : Svjetlana Satric

Chargé de publication : Maria Stoéva