Auteur :
Vénéta Nikolova
Actualité
jeudi 18 décembre 2025 14:30
jeudi, 18 décembre 2025, 14:30
Mens sana in corpore sano ou les eaux minérales de Bulgarie
PHOTO : thermalassociation.bg
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Sur la carte européenne des villes d’eau, la Bulgarie se distingue particulièrement avec ses plus de 225 sources thermales. Au fil des siècles, à côté d’elles, des cités sont apparues avec des bains, et un vrai culte était voué aux vertus curatives de l’eau. Néanmoins, il n’existe pas encore, jusqu’à présent, un registre national qui répertorie l’emplacement précis de ces sources, ni leur état fonctionnel. Pour remédier à cette lacune, l’Association du patrimoine thermal de Bulgarie (BATH) vient de lancer une carte interactive, capable de piloter les visiteurs des thermes dans leur choix. En revanche, la carte est révélatrice d’une image générale vraiment déplorablé : sur les 125 sources thermales répertoriées, à peine 50 sont actives, dont beaucoup se trouvent en mauvais état. Il n’y a pratiquement que 20-25 sources thermales qui correspondent aux critères en vigueur, explique l’architecte Ivaylo Zahariev de la BATH :
PHOTO : mineralnibani.bg
"Les bains à l’eau thermale sont une vieille tradition chez les Bulgares. Ils possèdent des sections réservées aux dames et aux messieurs, donc on n’y entre pas avec un maillot de bain. Le ressenti de chacun au contact avec l’eau minérale est très personnel, et très relaxant. D’autant plus que l’absence d’individus du sexe opposé évite les pensées gênantes sur notre apparence. On s’enferme dans une bulle naturelle, car à cet endroit on est focalisé sur l’eau thermale et la balnéothérapie, et dans la plupart des cas, le puits se trouve juste en-dessous des bains, de sorte que l’eau fraîche arrive dans la piscine, la vidange étant inutile."
Á la différence d’un centre de tourisme SPA, où l’on utilise des désinfectants, puisque les baigneurs portent des maillots de bains, les bains traditionnels sont "vivants", alimentés d’un flux continu qui jaillit de la terre à proximité. Plus que de simples stations de vacances, ils remplissent une fonction préventive et curative. Par ailleurs, Ivaylo Zahariev fait état du contexte historique relatif à cette richesse naturelle :
PHOTO : thermalassociation.bg
"Depuis la nuit des temps, ces sources existent sur notre territoire. Ce sont les Romains qui les premiers ont bâti des thermes. Il en reste quelques-uns, dont des vestiges impressionnants. Les plus grands, découverts récemment, sont ceux à Ratiaria juxtant le village d’Artchar (région de Vidin) qui viennent en troisième place à l’échelle mondiale, alors que la quatrième au palmarès revient aux thermes romains de Varna, ayant un statut de musée. Plus tard, l’Empire ottoman a hérité de ses bains, mais ce n’est qu’au début du XXe siècle que la Bulgarie, devenue royaume indépendant, a entrepris la restauration des bains, doublée de la construction de nouveaux bâtiments, comme le Bain thermal central à Sofia, celui à Bankya ou encore à Ovtcha Koupel."
PHOTO : BTA
Malheureusement, l'état d'une grande partie des installations thermales est désormais plus qu'alarmant : beaucoup sont abandonnées, d'autres – transformées en stations luxueuses de tourisme SPA ; rarement, ici et là, on fait des tentatives, quoique incomplètes, pour leur redonner leur fonction d'origine. La modeste piscine au quartier de Pancharévo est la seule, parmi les douze anciens bains de la capitale, à fonctionner selon le mode traditionnel, et elle est très populaire auprès des étrangers, souligne l'architecte Zahariev, qui ajoute :
PHOTO : thermalassociation.bg
"Si vous consultez la carte que nous avons réalisée, vous constaterez que le sud de la Bulgarie compte beaucoup plus de sources que le nord et que la plupart des stations thermales s'y trouvent. Il y en a beaucoup autour de Hissaria. Hélas, sur les six centres thermaux que compte la ville, un seul est encore en activité. À Streltcha, Starossel, Krasnovo ou dans le village de Banya, près de Karlovo, les bains publics sont bien entretenus et très fréquentés.
PHOTO : thermalassociation.bg
Dans la région de Stara Zagora, les bains publics restaurés du village de Yagoda sont impressionnants ; ils constituent un véritable joyau architectural du début du XXe siècle. Au sud, les thermes de Haskovo, rénovés et entretenus, méritent une attention particulière. On enregistre également une forte tradition thermale autour de Vélingrad, où les six établissements sont presque entièrement opérationnels, ainsi que dans la région de Melnik et Petritch, avec des sites en activité à Marikostinovo, Kresna, Simitli et Yakoruda.
PHOTO : mineralnibani.bg
Quand bien même les bonnes intentions de l’État et ses jolies promesses, en réalité, seule une petite partie des centres thermaux bénéficie de plans concrets de développement et de réhabilitation", résume la situation l’architecte Zahariev.
Édition : Vénéta Nikolova
Version française : Ivan Batalov
Chargé de publication : Ivan Batalov