Société

Actualité

Les Bulgares et la nouvelle politique de migration de la Grande-Bretagne

Entretien avec Ludmil Grigorov de Londres

jeudi, 8 janvier 2026, 14:00

Les Bulgares et la nouvelle politique de migration de la Grande-Bretagne

PHOTO : independent.co.uk

Taille de la police

Durcissement de la politique migratoire, réduction ou arrêt complet des aides aux migrants, déportation facilitée, changement des conditions et délais pour obtenir le statut de résident permanent : telles sont certaines des mesures les plus discutées dans les propositions d’amendements à la politique des migrants en Grande-Bretagne. C’est une des destinations préférées des Bulgares pour les études et le travail, bien que leur intérêt ait accusé une baisse dans les années qui ont suivi le Brexit. Selon le "Daily mail" les Bulgares sont en troisième position au classement de ceux qui ont quitté le Royaume-Uni au cours de l’année écoulée : environ 11 000 Bulgares sont retournés au pays natal et moins de 4000 sont venus en Grande-Bretagne, indique le journal.

Ludmil Grigorov de Londres, chef d’entreprise qui vit et travaille depuis 25 ans au Royaume-Uni assure que les Bulgares n’ont pas de souci à se faire à cause des réformes attendues de la politique migratoire du pays et note que beaucoup de nos compatriotes de sa connaissance ont monté leur propre société et la plupart marchent bien :

Bien qu’on dise que les affaires vont plus mal depuis quelques années, il est toujours possible d’avoir de bons résultats. Je connais plusieurs personnes qui ont bien réussi ces dernières années, ce qui indique que quand on est prêt à s’adapter au milieu local, on peut réussir.

PHOTO : Ludmil Grigorov - archives personnelles

Ludmil Grigorov travaille dans les systèmes de sécurité et sa société est le sous-traitant d’une grosse compagnie en Grande-Bretagne. Selon notre compatriote les réformes politiques ne sont liées ni à des restrictions dans le marché du travail, ni à l’augmentation du coût de la vie, mais plutôt à la vague migratoire qui cause des manifestations de protestation au Royaume-Uni :

On observe effectivement des attitudes anti-immigration, surtout ces deux dernières années, mais c’est un problème assez grave. Je ne sais pas comment il pourrait être résolu, mais j’espère qu’on trouvera une issue, parce qu’il se passe des choses qui ne devraient pas se passer au XXIe siècle. J’aimerais bien vivre assez longtemps pour voir des changements positifs en ce sens.

PHOTO : reuters.com

Grigorov est convaincu que les Bulgares ayant un statut de résident temporaire ne seront pas touchés par les nouvelles réformes de la politique intérieure du Royaume-Uni et poursuit :

Pour ceux qui voudraient venir maintenant, et il y en a toujours, bien que peut-être moins nombreux, il pourrait y avoir quelques obstacles, mais sans commune mesure avec ceux qui existaient il y a une vingtaine d’années.

Il ajoute que le marché du travail est suffisamment vaste et que chaque Bulgare qui veut y entrer, que ce soit comme employé ou comme chef d’entreprise, peut y trouver ce qu’il lui faut. Grigorov observe que depuis quelques années beaucoup de nos compatriotes sont retournés en Bulgarie, d’autres sont revenus en Grande-Bretagne par la suite et certains se sont fixés dans d’autres pays européens. Il s’explique ce va-et-vient non par des raisons politico-économiques ou sociales, parce que les Bulgares s’adaptent facilement, mais par le climat auquel bon nombre de Bulgares ont du mal à s’habituer.

PHOTO : visanews.co.uk

Ludmil Grigorov conclut en notant que, bien que vivant loin de Bulgarie, la plupart de nos compatriotes parlent bulgare avec leurs enfants et tiennent à ce qu’ils connaissent nos us et coutumes :

Dans ma famille le bulgare est absolument obligatoire et je peux dire que les enfants de 95% des Bulgares que je côtoie le parlent très bien.

PHOTO : Ludmil Grigorov - archives personnelles

Dessislava Chapkarova

Version française : Christo Popov